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Corne de l’Afrique : les raisons d’un échec

14/09/2011 - 10:15

Le 12 août, soit un mois après la campagne d’information lancée sur la plateforme Infodon.fr pour venir en aide aux victimes de la famine dans la corne de l’Afrique, 13 millions d'euros avaient été collectés par les organisations humanitaires.
« Les campagnes de dons se [sont faites] plutôt rares, a pointé le site Youphil.comFace à la dictature de l'agenda médiatique, couplée aux vacances scolaires, de nombreuses associations ont renoncé à mettre en place des campagnes d'appels aux dons publics de grande ampleur ».

Celles qui ont mis les mains dans le cambouis, comme Action contre la Faim ou l’Unicef, avaient chacune collecté environ 5 millions d’euros la mi-août. Mais pour le reste, « la mobilisation n'est pas extraordinaire, déclarait le 28 juillet Fabienne Pouyadou, directrice de la communication de Care France, qui notait qu’« aucune des grandes entreprises partenaires n'[avaient] jugé utile de donner ».

Pourquoi l’appel à dons pour la famine pour l’Afrique a-t-il si peu mobilisé ? L’Agence Limite faisait le point, en partenariat avec l’Ifop, grâce à un sondage réalisé en ligne du 9 au 11 août, auprès de 1003 personnes déclarant avoir donné lors de précédentes mobilisations internationales. Un constat liminaire : seulement 12 % des Français ont donné, contre 37 % lors du Tsunami, et 25 % suite au tremblement de terre en Haïti l’année dernière. « L’écart est encore plus parlant parmi les 65 ans et plus, qui constituent le noyau dur des donateurs et la cible principale des campagnes de collecte : respectivement 52 % et 48 % d’entre eux disent avoir donné lors du tsunami et pour Haïti contre seulement… 17 % pour la Somalie », indique l’étude

Quant aux raisons de cet « échec », elles sont multiples : 40 % des personnes interrogées ont évoqué un risque de détournement de l’argent sur le terrain, 28 % d’entre elles ont pensé que « les dons et les aides qui ont été faits par le passé pour cette région du monde n’ont rien changé », et 95 % sont d’accord avec l’idée selon laquelle « dans cette région d’Afrique, la famine revient très régulièrement depuis de nombreuses années sans que l’action humanitaire ne résolve le problème car il faudrait des vraies réponses de fond au plan politique et économique ». En bref, donner n’a jamais servi à rien, et ne servira jamais à rien…

« C’est la première fois que l’on constate, dans un contexte de catastrophe humanitaire, un tel scepticisme du public sur l’efficacité du don », note même l’Agence Limite. Voilà qui devrait vertement interroger les associations quant au « feed-back » qu’elles renvoient à leurs donateurs ! « Jusqu’ici, avertissent les auteurs de l’étude, l’économie du don a fonctionné sur l’évidence que les ONG sont les meilleures garantes pour régler les situations de crise humanitaire. Si cette évidence disparaissait, c’est l’équation même du rapport au don qui pourrait s’en trouver modifiée. » Que les associations se le tiennent pour dit.