Evaluation, piège à dons ?

02/03/2016 - 10:08

Evaluer ou pas ? Et que faut-il évaluer quand l’action financée ne se résume évidemment pas à une série de chiffres sur un tableur Excel ? Serpent de mer du fundraising, la question de « l’évaluation des actions de mécénat [culturel] » était l’objet des « Jeudis du mécénat » organisé par le ministère de la Culture le 18 février dernier. A la tribune, du beau linge, et un programme chargé. On y a entendu Arthur Gautier, directeur exécutif de la Chaire Philanthropie et chercheur à l'ESSEC Business School estimer que « s’il est relativement aisé d’évaluer financièrement un bien, il est beaucoup plus difficile d’évaluer une action qui n’a pas de valeur économique directe ».
Philippe-Henri Dutheil, d’EY Société d’Avocats, a quant à lui expliqué combien cette pratique, que les bailleurs de fonds réclame de plus en plus nombreux, recèle un potentiel révolutionnaire : « Dans le secteur des associations, passer d’une culture de l’audit et du bilan à une culture de l’évaluation représente un changement de paradigme total. Si l’on considère que l’audit est une photographie à un instant ‘’t’’ et le bilan une analyse rétrospective, alors l’évaluation correspond à l’étape d’après : elle enjoint au secteur associatif de dire qui il est ».
Et c’est bien là tout l’enjeu : faire que le partenaire associatif ne soit pas dépossédé des critères de l’évaluation, mais qu’il en garde la maîtrise : « L’évaluation n’a de sens que si elle est utile et faisable »,
a martelé Jean-Marc Pautras, administrateur des Eurockéennes de Belfort. « L’évaluation est un outil d’ordre stratégique et politique, a ajouté Béatrice de Durfort, déléguée générale du Centre Français des Fonds et Fondations, elle permet de corriger et d’amender sa route au regard des résultats que l’on s’était fixés au départ, elle est aussi un outil concernant la conversation à engager avec l’ensemble des parties prenantes et participe au climat de confiance entre elles ». Ou pour ainsi dire, le XXIe siècle sera à l’évaluation de la collecte… ou ne sera pas.

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