Fin de la parenthèse enchantée pour le crowdfunding

17/02/2016 - 10:17

Les chiffres du dernier Baromètre du crowdfunding sont impressionnants. Entre 2013 et 2015, les dons réalisés par le biais du financement participatif ont plus que doublé – passant de 20 millions d’euros à plus de 50 ! Sans parler des investissements qui ont quintuplé – 50 millions d’euros – et des prêts (passés de moins de 50 millions d’euros en 2013 à près de 200 millions désormais !). « La collecte sur les plateformes françaises de crowdfunding poursuit sa forte dynamique passant de 152 millions d’euros en 2014 à près de 300 millions d’euros en 2015 », se félicite l’association Financement Participatif France, qui a publié ce Baromètre.

Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le crowdfunding ? Pas si sûr, pointe un intéressant article du Monde qui s’émeut du « succès en trompe-l’œil » de la finance participative. La preuve ? MyMajorCompany, site pionnier, « jette l’éponge », révèle le quotidien. En cause : une diversification mal goupillée de ses activités de crowdfunding et une concurrence de plus en plus rude des mastodontes Ulule et KissKissBankBank, qui détiennent désormais 80 % du « marché du don ».


Loin des chiffres mirobolants de l’association Financement Participatif France, Le Monde indique que « dans la famille la plus connue du crowdfunding, celle du don, la croissance commence à ralentir. Pas de quoi s'alarmer, mais en 2015, les fonds récoltés (+ 30 %, à 50,2 millions d'euros) ont progressé trois fois moins vite qu'en 2014. Le nombre de projets financés n'a grimpé "que" de 18 % chez Ulule (4 148) et autant chez KissKissBankBank (3 857), contre 75 % en 2014. Ralentissement aussi pour les montants collectés, à respectivement 18 millions et 17,5 millions d'euros. »


Chez Ulule, on estime être arrivé à un « premier palier » de dons.Et d’autres observateurs ne cachent plus leur agacement : « Il y a un biais scandaleux dans le discours des grandes plateformes de crowdfunding. Celles-ci mettent systématiquement en avant les success stories. Elles donnent l'impression que n'importe qui peut lever des millions d'euros en quelques minutes. Or la réalité est très différente », explique à L’Express (lire ici) le créateur de Babyloan, qui lâche même le mot de… « mirage ».  


Dans ce contexte, la diversification des activités et l’ouverture à de nouveaux acteurs (comme les collectivités locales, qui ont obtenu l’aval du gouvernement pour collecter en ligne : lire ici) apparaissent comme la voie toute tracée pour rester dans le sillon de la croissance.