Greenpeace : à la recherche des donateurs perdus...

07/11/2017 - 14:51

Peter Willcox, ancien capitaine du Rainbow Warrior et figure emblématique de Greenpeace, était la semaine dernière à Genève pour rencontrer des donateurs. Il faut dire qu’en Suisse, l’ONG est en grandes difficultés financières. Confrontée « à une baisse inattendue des dons, plus particulièrement des legs », rapportait le journal Le Temps fin octobre, Greenpeace Suisse prépare un plan social : « Sept employés participant à un projet pilote de télémarketing qui s’est révélé défaillant devraient être licenciés. L’important manque à gagner annuel, près de 2 millions de francs, touchera toutefois un nombre de postes qui reste à définir », indique Le Temps. Le directeur de l’ONG explique cette baisse des dons par deux facteurs : d’abord, par le fait que « les étrangers et le chômage » sont les deux causes qui, selon certaines études, « tourmentent en premier lieu les ménages, loin devant la protection de la nature ». La concurrence accrue sur le « marché du don » helvète, très prisé par les collecteurs du monde entier, n’aide évidemment pas non plus à remonter la pente…

Si les donateurs suisses restent néanmoins les 4e contributeurs au monde pour Greenpeace, l’Américain Peter Willcox avait donc du pain sur la planche. Il a donné une intéressante interview à la Tribune de Genève où il raconte ses (més)aventures militantes, revient sur l’action de cette association légendaire, et sur l’évolution de son financement : « En 1985, quand le Rainbow Warrior a été coulé, les dons se sont mis à pleuvoir et Greenpeace s’est considérablement développée. En 1993, quand Bill Clinton est arrivé à la présidence, les dons ont chuté. Sans doute les gens pensaient-ils qu’un président démocrate soucieux du climat nous rendait moins indispensables. En 2013, notre emprisonnement en Russie a été médiatisé, ce qui a eu un impact sur les dons. Mais rien de tout cela n’était planifié ». Il explique aussi que se faire entendre par les médias devient de plus en plus difficile : « Les médias couvrent tant de choses désormais et font tant de bruit. D’autant plus qu’avant, nos actions coup-de-poing étaient nouvelles, ce qui n’est plus le cas »