Mécénat : les Français plutôt favorables...

11/10/2017 - 09:52

Les Français aiment-ils trop leur cher Etat-Providence pour aimer le mécénat ? Selon Admical, qui a publié début octobre une étude (qualitative et quantitative) réalisée en partenariat avec Kantar Public, les Français ont plutôt une bonne opinion du mécénat. Près de trois quarts d'entre eux approuvent « l'idée » de ce mode de financement « comme soutien complémentaire à l'action des pouvoirs publics pour des projets d'intérêt général » et un peu moins de la moitié – cela n'a donc rien du plébiscite - « estiment que c'est le rôle des pouvoirs publics d'encourager le développement du mécénat ». Globalement, les interrogés souhaitent que le mécénat se développe dans les secteurs qui leur tiennent le plus à cœur : la santé, la solidarité, et l'environnement.

Contre les idées reçues, et alors que les initiatives se multiplient pour dénoncer certains partenariats (lire par exemple, ici), 84 % des personnes interrogées par Admical « ont une bonne opinion des entreprises mécènes » et partuclièrement des PME : « Légitimité, efficacité, crédibilité et respect de l’éthique sont reconnus à tous les mécènes. Alors que les grandes entreprises et les entrepreneurs sont particulièrement reconnus pour leur efficacité, les TPE/PME bénéficient quant à elles de plus de crédibilité et sont considérées comme plus respectueuses de l’éthique ». Une bonne nouvelle, donc, même si les Français restent encore sous-informés. « Les Français, en manque d’information sur les pratiques des mécènes, ont du mal à se projeter quant au rôle qu’ils joueront dans les années à venir », note l’étude. Méconnaissance, aussi, des motivations avancées par les entreprises mécènes : « Selon les citoyens, les enjeux d’image (55%) et les avantages fiscaux (53%) seraient les moteurs principaux des entreprises. La réalité montre pourtant que seules 30% des entreprises mécènes appliquent la déduction fiscale à la totalité de leurs dons et que les 3 principales motivations citées par les chefs d’entreprises mécènes sont « contribuer à l’intérêt général », « exprimer les valeurs de son entreprise » et « construire des relations avec les acteurs de son territoire », explique Admical. De même, ils ne citent pas spontanément les TPE et PME comme des mécénes potentiels, alors qu'elles sont en réalité, et de loin, les premiers mécènes en nombre, souligne l'avocat Léon Del Forno, dans une tribune aux Echos : « Dans l'esprit des participants à l'étude, les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et les grandes entreprises demeurent néanmoins les mécènes les plus légitimes et les plus efficaces, ce qui est en ligne avec leur part prépondérante (60 %) dans le budget global du mécénat en France (3,5 milliards d'euros en 2015), et leur capacité à médiatiser plus efficacement leurs initiatives ».

Retrouvez l’étude en cliquant ici.