Témoignages de fundraisers

Découvrez quelques témoignages de fundraisers : comment définissent-ils leurs métier, comment le perçoivent-ils, pourquoi l'aiment-ils ?...

  • Gersende de Pontbriand, responsable du mécénat de l’Opéra de Lyon
« Je perçois mon métier de Responsable mécénat de l’Opéra de Lyon comme celui d’un « passeur ». Je cherche à créer du lien, à initier un dialogue entre les mondes de l’art et de l’entreprise. Mon métier est d’amener l’entreprise et l’Opéra à partager leurs savoir-faire et leurs richesses afin de créer un véritable échange et de bâtir un partenariat qui ait du sens. C’est un métier créatif et riche en rencontres, deux aspects que j’apprécie particulièrement. Il n’y a aucune routine dans mes fonctions, je lève des fonds pour des projets extrêmement variés et je démarche des partenaires très différents. Le métier que j’exerce demande une capacité à s’adapter à une variété d’interlocuteurs mais aussi à des cultures très différentes (je pense notamment aux Japonais avec lesquels j’ai collaboré). »
 
  • Yaële Aferiat, directrice de l'Association Française des Fundraisers
« Ce qui définit le métier de fundraiser est la finalité, c’est-à-dire le développement des ressources privées, quels que soient l’outil ou la méthode utilisés. On est autant fundraiser en étant spécialisé sur la stratégie grands donateurs qu’en menant des campagnes de marketing direct. Le directeur du développement se doit d’être polyvalent. Avec la croissance du secteur, on va voir se multiplier des profils plus spécialisés ou plus opérationnels ».
 
  • Professeur de sciences physiques, formatrice, auteur, muséologue et... fundraiser, Brigitte Zana, directrice du développement et des réseaux du Palais de la Découverte

Elle cumule les profils et démontre magistralement le théorème « People Give to People ». Elle devient fundraiser... Ou laisse s'éveiller le fundraiser qui sommeille en elle. [...] Elle s'attaque aujourd’hui à un nouveau défi : collecter plusieurs millions d’euros afin de rénover une aile supplémentaire du musée. Pour résoudre cette nouvelle équation, en un temps record, elle utilisera certainement les dénominateurs communs qui font sa force : ferveur, attitude « hyper positive » et une résolution qui ne semble souffrir aucune résistance... Brigitte Zana est la preuve, s’il en fallait encore une, que le fundraising s’apprend certes, mais surtout « se porte en soi ». Et que, quel que soit le sujet, c'est toujours l'humain qui l’emporte.

Extrait de la rubrique portrait, Fundraizine, 14 avril 2008

 

  • Claire Heuzé, responsable Mobilisation chez Aide et Action
« Pour qui maîtrise et aime le marketing, entrer dans le marketing du don est un vrai défi professionnel : quoi de plus intangible, quoi de plus gratuit qu’un don ? Travailler dans un secteur en croissance, avec une concurrence intense, être poussé par la nécessité d’innover dans un environnement plutôt hostile au risque, et bien sûr défendre des enjeux importants pour notre monde : intellectuellement, professionnellement, humainement, être fundraiser est un métier plus que stimulant. Nul étonnement donc à ce que les fundraisers soient globalement épanouis dans leur poste actuel. »
 
 
  • Homme de marketing et de compétences, Nicolas Burckel est passé du Groupe Canal+ au poste de co-directeur du développement de l'ESSEC, en passant par la case Unicef, au poste de Directeur du Développement.

Peu importe qu'il ne soit pas estampillé « fundraiser », qu'il n'ait pas d'expérience associative. Ce qui compte à ses yeux est de « posséder l'ensemble de la palette de compétences nécessaires ».(...) Il évoque les choix perpétuels. Entre supports de collecte et budgets, entre arguments « mauvaise conscience » et conviction raisonnée. « Collecter des fonds, c'est perpétuellement faire des arbitrages ». Il parle également avec simplicité de sa découverte des rouages associatifs. [...] Après plus de trois années, il quitte l’Unicef avec le sentiment que les passerelles entre monde marchand et univers associatif devraient être plus anodines, dans un sens comme dans l’autre. Pour cet adepte du non-étiquetage, qui croit en la compétence avant tout, les résistances paraissent irrationnelles...

Extrait de la rubrique portrait, Fundraizine, janvier 2008

 

  • Philippe Doazan, consultant depuis 2004, nous dépeint le fundraiser

« Je considère que je ne lève pas des fonds. Je fais germer des projets, j’aide à les faire réaliser. Le don n’est qu’un début. Le fundraising porte une notion forte d’accompagnement. Il faut impliquer aujourd’hui le donateur et le faire entrer dans la structure, lui fournir des informations, en faire un ambassadeur... L’essentiel, c’est cette relation, ce lien, comme une danse à trois entre la structure, le donateur et la relation qu’ils construisent ensemble. »

Extrait de l’article paru dans Interdépendances, janvier 2009