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Le don à la presse : un nouveau el dorado ?

Philanthropie .

Et si la presse trouvait dans le don une voix de sortie à la grave crise dont elle souffre depuis l'arrivée d'Internet ? De plus en plus de journaux, pure player ou bimédia, se sont mis, ces derniers temps à la collecte de fonds... avec succès.

Dernier exemple en date, Terra eco. En déficit de trésorerie, le mensuel écolo qui annonce 15 000 abonnés et 300 000 lecteurs a réussi à rassembler, en un mois, pas moins de 250 000 euros, en dons et abonnement. L'appel à don (plutôt bien charpenté) a été diffusé sur Ulule et très bien relayé par les médias et les réseaux sociaux.

Autre exemple de campagne récente, celle lancée par Charlie Hebdo mi novembre : « Aujourd'hui, vous pouvez soutenir la résistance aux deux premières religions du monde : l'Intolérance et la Bêtise. Rejoignez le djihad pacifique contre la connerie ! », blague l’hebdo satirique sur son site dans une adresse à ses lecteurs. En perte de vitesse, le titre a réussi à mobiliser ses lecteurs, trois ans après les 60 000 euros de dons rassemblés après l'incendie criminel de ses locaux : en dix jours, Charlie a reçu 30 000 euros de dons.

Son petit frère (ennemi), Siné Mensuel, a lui aussi lancé un appel à dons, début octobre. 135 000 euros de dons auraient été envoyés à la Fondation Presse et Pluralisme, « ce qui est déjà beaucoup, mais trop peu pour envisager un avenir au-delà de 2014. On sait bien que tout le monde est dans la mouise. Sauf, manque de bol, ceux qui ne nous lisent pas ! »

Dans un autre genre, il faut aussi remarquer les bons scores enregistrés par le quotidien online Reporterre, qui a bénéficié d’une augmentation de 60 % des dons de ses lecteurs durant la mobilisation autour du barrage de Sivens, dans le Tarn. Le petit journal en ligne mise gros sur la générosité des internautes, qu'il ambitionne d'ériger à part entière dans son modèle économique : l'appel au don (réalisable en ligne), présent à chaque fin de papier, représente ainsi aujourd'hui un tiers de son budget via une association ad hoc créée pour accueillir les dons.

Mais tout le monde n'a pas autant de chance. Le site de critique des médias Acrimed, qui a pourtant mobilisé de généreux donateurs (80 000 euros en quelques mois, ce qui permet de pérenniser, pendant un an, ses deux emplois) se débat depuis des années pour obtenir le rescrit fiscal, sans succès. Ses péripéties avec l'administration sont racontées ici.

Illustration : © The Vanessa Brady Foundation

 

 

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