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Don de RTT : la loi qui divise

Société .

Pourquoi diable n’encouragerait-on pas la solidarité dans l’entreprise ? La récente loi (à retrouver ici), votée le 30 avril, qui autorise les salariés à donner « anonymement et sans contrepartie » une partie de leurs jours de repos (RTT, congés, récup’) à un de leur collègue dont l’enfant est gravement malade, a suscité beaucoup de controverses.

L’histoire remonte à janvier 2012, lorsque le député UMP Paul Salen propose une loi inspirée d’un fait réel remonté de sa circonscription : les salariés d’une entreprise de la Loire s’étaient entendus pour faire don de 170 jours de RTT à l’un de leurs collègues dont le fils de 11 ans était mourant d’un cancer. Après tout, pourquoi ne pas autoriser cette pratique, « qui existe déjà dans des entreprises du secteur privé dans le cadre d'accords collectifs, mais [qui] n'est pas prévue dans le secteur public », soulignait récemment Le Monde ?

De manière inattendue, mais pas illégitime, le débat a fait rage. La loi « présentée comme généreuse va épargner totalement les employeurs de leurs responsabilités et créer des situations d'injustice intolérables entre ceux qui pourront et ceux qui ne pourront pas collecter des jours de repos », a déclaré le sénateur communiste Dominique Watrin, qui a voté contre. Il est vrai que, comme souvent, les plus généreux seront aussi les mieux lotis en nombre de jours de congés ou en RTT, qui deviennent un luxe !

« Le don de RTT semble paré de toutes les vertus. Il peut sans conteste aider des salariés à mieux vivre ces périodes particulièrement difficiles. Il n'en constitue pas moins un tournant à 180 degrés dans l'histoire des droits des salariés : en lieu et place de la solidarité nationale, incarnée par l'Etat ou la Sécurité sociale, c'est ici à la charité des collègues que l'on fait appel », ajoute le Journal du Net dans un intéressant article. François Rebsamen, nouveau ministre du Travail a lui aussi exprimé « de fortes réserves » quand à l’opportunité d’une loi : « Je ne trouve pas souhaitable que la solidarité résulte de l’assemblage de dons individuels. Je crois à l’inverse à la solidarité collective et mutualisée ». Serait-il prêt pour autant à augmenter les maigres indemnités versées par la Caf en cas de pépin ?

 

Illustration : ©Overblog

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