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Du crowdfunding à la « finance alternative »

Philanthropie .

Le crowdfunding se porte très bien en France. Plus de 2,5 millions de Français s’y adonnent, et « le financement qui relève du domaine du don avec ou sans récompense (Kisskissbankbank, Ulule) s’en sort le mieux avec 233,8 millions d’euros, soit 37 % du total », affirme Nicolas Lefur, président de Financement Participatif France dans le magazine Challenges. Youpi, donc !

Sauf que… Une récente enquête de l’UFC-Que Choisir a terni l’image du financement participatif. Le 22 février, l’association de défense des consommateurs a ainsi rendu publique une « étude pointant les techniques de commercialisation des plateformes fortement préjudiciables aux consommateurs prêteurs. Faute d’une sélection rigoureuse des projets, les rendements que peuvent en attendre les consommateurs sont bien plus faibles que communiqués, avec un risque significatif de perte en capital. Comme si cela ne suffisait pas, de nombreuses clauses jugées abusives et/ou illicites figurent dans les conditions générales d’utilisation des plateformes. Face à ce constat accablant, l’association passe à l’action auprès de 6 plateformes et des pouvoirs publics ».

Heureusement, l’affaire ne concerne « que » le volet « prêt » du crowdfunding. Mais, à cause de ce mot-valise, c’est tout le crowdfunding qui pourrait en pâtir. « A chaque “problème”, c’est le crowdfunding dans son ensemble qui prend les balles perdues, écrit ainsi (ici) Mathieu Maire du Poset, ex DGA chez Ulule. Hier, à cause de projets spectaculaires mais incapables de délivrer sur Kickstarter ou Indiegogo, aujourd’hui avec l’enquête de l’UFC-Que Choisir sur le secteur du crowdlending ». Celui qui estime que « le crowdfunding est mort » préfère aujourd’hui parler de la « finance alternative » pour distinguer le for et le non-profit : « La finance Alternative, qui regroupe entre autre financement participatif, cagnottes en ligne, dons embarqués (Microdon par ex), c’est plus de 628 millions d’euros collectés en 2016, soit 112 % de progression par rapport à 2015. Ce secteur, extrêmement large, agit sur deux leviers : reprendre le pouvoir sur son argent et amplifier les phénomènes de générosité en ligne. Toutes ces plateformes permettent à chacun de décider comment il souhaite donner, prêter, investir son argent, sans intermédiaire mais grâce à des plateformes peer-to-peer (mise en relation entre particuliers). »

Reste que la grande diversité des sites de crowdfunding, qui hébergent autant des associations professionnelles que des appels à dons amateurs, ne doit pas nous exonérer d’une réflexion sur les pratiques et l’éthique. 

Illustration : L'après crownfunding : où commercialiser ses produits ? © Fundy

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