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Revue de détails ( Pas si anodins )

Actualité AFF .

Publié le 13 janvier 2022

Félicitations, vous avez résolu la quadrature du cercle… La crise sanitaire aurait pu signer l’arrêt de mort de la collecte de rue. Convaincre les passants à faire un don lorsque le sourire des volontaires est caché par un masque peut en effet ressembler à une mission impossible. Et comment récolter de l’argent lorsqu’il est déconseillé de toucher des pièces de monnaie qui peuvent être porteuses du virus ? Si les confinements ont stoppé brutalement les campagnes de fundraising dans les allées et les avenues des villes et villages, les associations ont rapidement su s’adapter au « nouveau monde » dans lequel nous vivons.
Lorsque la collecte de rue est redevenue possible il y a un an, les structures d’intérêt général qui adhèrent à la Coordination nationale du face-à-face ont coordonné leurs activités pour s’assurer que leurs équipes de collecteurs ne se retrouvent pas sur les mêmes lieux aux mêmes moments. Afin d’éviter les manipulations d’argent liquide, certaines associations comme le Secours populaire français ont mis en place un tronc digital qui permet aux bénévoles de recueillir des dons sur leur smartphone à partir du téléphone ou de la carte bancaire du donateur.
Ces innovations ont permis aux collectes de rue d’enregistrer de bons résultats ces derniers mois. Des structures comme la Fondation des Apprentis d’Auteuil ont même récemment commencé à faire appel pour la toute première fois à la générosité des passants. Qui l’aurait cru au début de la pandémie ?
 
Des accusations sans preuves au combien dommageables… « Si je n’en affirme pas davantage, c’est que je crois l’insinuation plus efficace » : la récente enquête sur les dons des associations publiée par 60 Millions de consommateurs semble prendre à son compte cette fameuse phrase d’André Gide. Dans une interview accordée à France Info, l’auteur de cet article, Lionel Mauguin, cherche à « installer le doute et à saper la confiance entre les Français et les associations »critique Guillaume Brault, le président-fondateur de carenews.com, qui qualifie cette étude de « scandaleuse, injuste et insupportable ».
Lionel Mauguin affirme ainsi sur les ondes que 15% à 20% des recettes des associations seraient dépensées en frais de collecte alors que son propre article avance le chiffre de 11,6%. Le marketing direct est aussi montré du doigt tout comme les micro-dons qui chercheraient à « culpabiliser » les consommateurs. Les structures d’intérêt général ne seraient enfin pas assez contrôlées par les pouvoirs publics. Quel est l’intérêt d’une telle interview à charge diffusée par une radio publique le jour même de Noël ? A vous de juger…
 
Greenpeace 1 – TotalEnergies 0. Total, qui s’est récemment rebaptisé TotalEnergies, soutenait depuis de nombreuses années la culture lyonnaise. A la demande de Greenpeace, la mairie de la cité rhodanienne a toutefois décidé de mettre fin à tous les partenariats qui la liaient avec le géant de l’énergie qui produit près de 2,9 millions de barils équivalent pétrole par… jour. L’Opéra de Lyon et le Musée des Beaux-Arts (MBA) n’accepteront donc plus de nouveaux financements du groupe français.
Greenpeace espère que cette initiative du maire de Lyon, Grégory Doucet, et de sa majorité écologiste va faire boule de neige dans le reste du pays. « Le musée du Louvre leur emboîtera-t-il le pas, s’interroge Edina Ifticene, chargée de campagne Pétrole à Greenpeace France.  Après la ville de Lyon, les autres villes françaises vont-elles se positionner ? Il est temps pour toutes ces institutions d’exclure l’industrie fossile de leurs chartes de mécénat ! » A qui le tour ?
 
Des anges qui méritent bien leur nom. PULSE, l’association d’aide à l’entrepreneuriat à impact du GROUPE SOS, et France Angels viennent de lancer avec le soutien de l’Union européenne le tout premier réseau de Business Angels à impact. L’objectif de cette initiative est de mettre en relation l’écosystème de l’investissement avec celui de l’impact.
La France compterait près de 10.000 Business Angels mais près de 83% de ces investisseurs ne connaissent toujours pas l’agrément « Entreprise solidaire d’utilité sociale », près de la moitié (46%) ne savent pas ce que signifie l’entrepreneuriat à impact et 43% n’ont jamais entendu parlé de la loi PACTE qui a pour objectif de mieux partager la valeur créée par les sociétés avec leurs salariés.
Le terme d’investissement à impact (« impact investing ») a été mentionné pour la première fois en 2007 lors d’un évènement organisé par la Fondation Rockefeller aux Etats-Unis. Il représente, selon le GIIN, un placement « réalisé avec l’intention de générer un retour positif, ayant un impact social et environnemental mesurable, tout en assurant un rendement financier ».
En France, plus de 4 milliards d’euros ont été investis dans des programmes à impact en 2020 mais plusieurs dizaines de millions d’euros par an manquent aux porteur·se·s de projets en amorçage. C’est pour combler ces trous qu’Impact Business Angels a été fondé. Investir c’est bien mais investir pour des projets d’innovation sociale, c’est encore mieux…
  
Des jetons pour l’UNICEF. A l’occasion de son 75ème anniversaire, le Fonds des Nations unies pour l’enfance va vendre sur la chaîne de blocs Ethereum 1000 jetons non fongibles (NFT en anglais) basés sur des données en faveur de la connectivité des écoles. Une partie de ces NFT portera un filigrane numérique célébrant les 75 ans d’action de l’UNICEF, tandis que d’autres mettront à l’honneur divers événements prévus début 2022. Pour cette opération, le Fonds s’est associé à l’artiste et spécialiste de la visualisation des datas Nadieh Bremer dans le but de créer une collection très visuelle baptisée « Patchwork Kingdoms » (royaumes en patchwork). Chaque pièce se compose d’un monde « d’en haut » et d’un monde « d’en bas », représentant respectivement les écoles connectées et non connectées. Les carrés plus pâles de la ville « reflet » symbolisent l’absence de connectivité, par contraste avec la connectivité « resplendissante » des écoles de la ville supérieure. Les différentes couleurs utilisées montrent le nombre d’enfants qui n’ont toujours pas accès à Internet. Ces œuvres s’inspirent des cartes dynamiques de l’initiative Giga sur la connectivité des écoles. La collection intègre des données concernant plus de 280.000 écoles dans 21 pays, chaque œuvre illustrant un sous-ensemble de ces dernières. Cette vente de NFT est non seulement la plus importante dans l’histoire des Nations Unies mais aussi la première basée sur des données. Les jetons numériques commencent décidément à avoir la cote dans le monde du fundraising…
 
Il n’y a pas que l’argent pour aider son prochain… En France, 1 million de personnes auraient basculé dans la pauvreté en raison de la pandémie et des millions de foyers ont vu leurs revenus s’effriter ces deux dernières années. Cette hausse de la précarité a eu un impact sur la générosité des Français.
L’an dernier, la moyenne des dons versés aux associations et aux personnes en difficulté a atteint tout juste 207 euros, contre 213 euros en 2020, selon la 4ème édition de l’Observatoire national et régional des générosités, réalisée par Odoxa pour Leetchi. Ce repli est deux fois moins fort que celui de l’année précédente qui avait atteint 12 euros mais il confirme une tendance baissière plutôt inquiétante. 79 % des personnes interrogées dans cette enquête affirmaient ainsi qu’ils n’étaient plus capables financièrement d’aider des associations et 58 % reconnaissaient avoir des doutes sur l’utilisation qui est faite de leur argent.
Faute de moyens, de plus en plus de particuliers font le choix de devenir bénévole et 68% des sondés reconnaissent faire des dons en nature. Les causes locales sont privilégiées par 43% des donateurs, devant les appels aux dons nationaux (41%) et internationaux (14%). La recherche médicale (41%), la lutte contre la pauvreté (31%) et la protection de l’enfance (30%) sont toujours en tête des causes préférées des Français mais la défense animale et la défense de l’environnement touchent de plus en plus les particuliers. Les temps changent tout comme les attentes des donateurs…
 
Le Met reçoit un don de 125… millions de dollars. Le Metropolitan Museum of Art de New York a eu son cadeau de Noël au début du mois de décembre en 2021. Oscar Tang, le co-fondateur de la société de gestion Reich and Tang, et son épouse Agnes Hsu-Tang, historienne de l’art et archéologue, lui ont accordé le plus gros don de son histoire. L’enveloppe de 125 millions de dollars qui lui permettra de financer une partie de la rénovation des salles consacrées à l’art moderne et à l’art contemporain. Le budget total de ce projet lancé il y a dix ans devrait atteindre 500 millions de dollars. Oscar Tang, qui a trouvé refuge aux Etats-Unis après avoir fui la Chine en 1948 à à l’âge de 11 ans, est le premier américain d’origine asiatique à avoir intégré le conseil d’administration du musée en 1994. Sa femme a, quant à elle, été conseillère à l’Unesco à Paris entre 2003 et 2014 et elle a siégé au comité consultatif des biens culturels sous la présidence de Barack Obama.
Cette nouvelle confirme la vitalité des dons caritatifs aux Etats-Unis. Les origines de ce phénomène sont profondément ancrées dans la culture et l’histoire de ce pays. Pour en savoir plus sur ce sujet, ne manquez pas cet entretien de Charles Sellen, un chercheur expert de la philanthropie en Amérique du Nord.

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