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Yémen : s’y prend-on mal pour mobiliser l’opinion ?

Philanthropie .

Publié le 19 janvier 2018

Depuis des mois que la guerre en Syrie occupe les manchettes des journaux, la famine au Yémen, malgré de nombreuses tentatives de mobilisation, n’arrive toujours pas à se faire une place médiatique. En février 2016, l’ONU, lassée de crier dans le désert, entendait marquer les esprits en estimant à 20 millions le nombre de personnes potentiellement concernées par la famine dans la région. Début décembre, les Nations unies lançaient un appel à dons record, « demandant aux donateurs 22,5 milliards de dollars (18,9 milliards d'euros) pour répondre aux besoins de 90 millions d'individus en 2018, principalement en raison des conflits en Afrique et au Moyen-Orient » (lire ici).

 Lundi, c’était au tour de plusieurs personnalités du monde universitaire et artistique de publier dans Le Monde une tribune pour interpeller l’opinion : « Le Yémen est aujourd’hui au bord d’une famine historique, ravagé par des maladies habituellement contenues. Toutes les dix minutes, un enfant y meurt de faim ou de maladie. Les trois quarts de la population – 22 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaire pour survivre », écrivent-ils.

Dans une très intéressante interview, Rony Brauman, co-fondateur de Médecins sans Frontières, a remis en cause la diffusion de chiffres alarmistes diffusés par l’ONU pour en appeler à la solidarité. Ces 20 millions de personnes sont, selon lui, dans des réalités moins homogènes qu’on le croit. En outre, quand « cet indicateur est celui qui est utilisé pour justifier des collectes de fond, cela aboutit à une spirale ascendante et alarmiste. Je ne pense pas qu’il y ait d’agenda politique caché, ni d’intentions perverses derrière cela mais une volonté de collecte des fonds mal exprimée qui finit par torpiller la crédibilité de ces organisations ». Et d’ajouter :« Outre que ces chiffres extravagants ne permettent plus de distinguer les priorités vitales, ils sont écrasants et d’une certaine manière décourageants. Quand on en arrive à évaluer les besoins d’aide en dizaines de milliards de dollars pour des dizaines de millions de personnes, le premier réflexe est de se dire qu’il est impossible d’agir et qu’on va laisser la fatalité s’accomplir ». Voilà qui n’a pas fini de nous faire réfléchir...

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