Toujours au chapitre des grands philanthropes, le 9ème prix BNP Paribas de la Philanthropie individuelle a distingué, le 31 mai, deux philanthropes exemplaires (cliquer ici). Le grand prix est revenu à Edward Scott, l’un des philanthropes les plus influents de la Silicon Valley, qui s’affiche avec Hillary Clinton ou Bono, et monte des projets philanthropiques avec George Soros ou Bill Gates, rien que ça ! Ancien haut cadre de l’administration à Washington, créateur d’une très rentable entreprise de software, il veut, dans la plus pure tradition américaine du « give back », aider les Etats à mieux aider les pays pauvres. Avec son « Center for global development », il entend conseiller les gouvernements pour lutter contre le Sida, la tuberculose ou la malaria…

Le Prix spécial du Jury a été attribué à un Suisse, Yann Borgstedt, à la tête de The Womanity Foundation, qui veut aider les femmes et les filles à travers le monde : projets éducatifs en Afghanistan, développement d’une radio tenue par des Palestiniennes… Le philanthrope, qui se sent néanmoins « frustré » par le « trop d’égo » de la philanthropie, compte appliquer les techniques du business à son action…

Et dans l’Hexagone aussi, on commence à vouloir mixer davantage les mondes… Lire cette tribune publiée dans Les Echos de Virginie Seghers, Xavier Delsol et Jacques Dasnoy, qui appelle à assouplir la loi pour que les fondations et fonds puissent investir dans des entreprises à but lucratif, mais à fort impact social. En France, « les modèles hybrides au service du bien commun sont trop rares (…). Il est urgent d’imaginer des mécanismes permettant aux fondations et fonds philanthropiques de placer une partie de leurs actifs en cohérence avec leur mission et valeurs (via les fonds d’impact investing notamment) et également de mobiliser une partie de leur budget annuel ou de leur dotation en direction des entreprises sociales, via des prêts ou une participation au capital ».

Illustration : © Le Monde