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Un président fundraiser

Stratégie .

Il ne s’en cache pas, l’un de ses modèles, c’est Barack Obama. Pourtant, Emmanuel Macron a opté pour une stratégie de fundraising à l’opposé de l’ancien président américain. Alors que ce dernier avait tout misé sur les petits donateurs (lire par exemple ici), le nouveau président français, qui a travaillé quatre ans pour la banque Rothschild, a, « tout naturellement », mis son réseau de businessmen, de lobbyistes et de banquiers à contribution.

 

A l’inverse de ce qu’il a préféré annoncer au cours de sa campagne – 35 000 donateurs et un don médian de 50 euros –, c’est bien une campagne « grands dos » qui a été menée. Et vu le résultat, elle a été orchestrée d’une main de maître par l’ancien directeur général de la BNP-Paribas Asset Management, Christian Dargnat : en un an, pas moins de 13 millions d’euros ont été collectés.

Libération et Mediapart ont reconstitué les tenants et les aboutissants de cette campagne de fundraising en passant au peigne fin les mails internes à l’équipe de campagne qui ont fuité grâce (ou à cause) au « Macron Leaks ». On y découvre les noms de ces donateurs issus des « milieux bancaires, avec plusieurs hauts cadres de banques d’investissement français, [mais aussi des milieux] de la finance, avec de très nombreux [donateurs] cadres ou dirigeants de sociétés de gestion d’actifs ou de «private equity» (capital-investissement) [ainsi que] des fondateurs ou dirigeants d’entreprises numériques françaises et quelques avocats d’affaires », pointe Libération. On découvre aussi le rôle de la banque Rothschild, qui a donné un sacré coup de pouce à son ancien collaborateur. La loi française sur le financement électoral interdisant à une personne morale de financer une campagne politique, ce sont les associés et des salariés de la banque qui ont mis la main à la pâte, soit en donnant eux-mêmes, soit en se faisant les relais de la campagne.

Encore peu habituée au fundraising politique, la presse française s’est émue des dîners de galas et autres rencontres informelles organisées en présence du « fundraiser » Macron, et à grand renfort de discours variant selon les publics cibles. La « cash machine » (l’expression est de Mediapart) Macron masquerait-elle de possibles conflits d’intérêts ou un mélange des genres qui pourrait influencer la politique à venir ? La question reste ouverte…

Des articles à retrouver ici et .

Illustration : © Causeur

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